Au spectacle
vidéo, durée 20’45 »
2019
Un coucher de soleil est le mouvement d’un corps. Le contempler, c’est regarder du temps qui passe dans son épaisseur, c’est-à-dire, comme le dit Bergson, « la continuation de ce qui précède dans ce qui suit et la transition ininterrompue, multiplicité sans divisibilité et succession sans séparation ». Aucun instant n’est particulièrement marquant, c’est une évolution, à notre échelle, si lente et si continue, qu’à y fixer son regard sans relâche, on croirait être devant de l’immobile. C’est en détournant son regard de temps en temps qu’on se rend compte, qu’on aperçoit les variations, les changements, au moment d’y reporter ses yeux.
Au cours de chaque plan fixe du film, les variations de couleurs sont difficilement perceptibles. Ce sont bien les changements de plan, et donc les changements de cadre, qui nous rendent sensibles l’avancement du film projeté et donc la course du soleil. Cette dernière se manifeste de biais, comme par ricochets successifs, sautant d’un cadre à l’autre, d’une surface à l’autre.



