« éteins un peu ta lumière »

La lumière, par son absence mais aussi par sa présence, est liée au secret. En cinéma, l’obscurité comme élément diégétique est très souvent employée dans le but d’établir des raccourcis dans la narration. Le noir, qui n’est pas celui du montage mais absence de lumière dans la scène, permet des sauts spatiotemporels a priori incohérents. Comme si, le temps de cligner des yeux, alors que le cadrage est censé ne pas avoir changé, l’histoire avait subi une évolution radicale. Une autre manière de faire surgir du hors cadre dans le cadre même de l’image filmique. Ce procédé fait l’effet d’un artifice théâtral bien connu, permettant l’entrée ou la sortie d’un personnage de la scène.
Cette vidéo est un archivage d’extraits de films de tous genres qui présentent l’emploi de cette astuce, de ce «truc». Les éléments sont simplement mis bout à bout, classés par ordre chronologique du plus ancien au plus récent. Tous ces passages pointent le rôle de l’objet lumineux comme accessoire de forçage du cadre filmique, où du nouveau, de l’inattendu fait irruption. Par là même, la nature artificieuse du cadre est revendiquée.